Mes premières phases de développement
Votre chiot passe par
plusieurs phases avant d’atteindre l’âge adulte. Passons les rapidement en revue ensemble.
1. La période
prénatale
Le
fœtus possède déjà, in utero, des
compétences émotionnelles, c’est-à-dire
qu’il va percevoir l’état de bien-être
ou de stress de sa mère. En outre, il a aussi des
compétences motrices et
sensitives et peut ainsi réagir aux caresses douces sur le
ventre de maman…
2. La période
néo-natale : 0 – 2 semaines
Elle commence à la naissance et s’achève
vers 15 jours lorsque les yeux des chiots s’ouvrent (mais ils ne voient pas
encore). Ils se déplacent grâce à leur sens tactile et aux sources de chaleur.
À cet âge, les chiots passent 90% de
leur temps à dormir et le reste est dédié aux tétées et à la toilette. De fait,
la mère va lécher le ventre de ses chiots en les mettant sur le dos pour
déclencher le réflexe périnéal. Cette position deviendra une posture de
soumission. Le chiot ne peut pas
expulser ses besoins lui-même avant la 3e ou 4e semaine
de vie. La mère va manger les selles et urines de tous ses chiots afin de
garder son « nid » propre et de camoufler les odeurs de ses petits,
encore très vulnérables.
Au cours de cette phase, le chiot
est dominé par des réflexes :
-
Le
réflexe de fouissement qui permet de trouver les mamelles ;
-
Le
réflexe de pétrissement qui stimule la sécrétion de
lait ;
-
Le
réflexe labial, de succion et de déglutition qui permet au chiot de s’alimenter
(si on effleure du bout des doigts les lèvres d’un chiot, il va se mettre à
« têter » : c’est un réflexe) ;
-
Le
réflexe périnéal qui permet l’élimination après le léchage du ventre par la
mère ;
-
Le
réflexe de soutien qui permet au chiot de soutenir son corps : pour les
membres antérieurs, il apparaît entre le 6e et 10e jour.
Le soutien des membres postérieurs a lieu entre le 11e et le 15e
jour.
3. La période
de transition : 2-3 semaines
Cette phase commence avec l’ouverture des yeux vers le 14e
jour et s’achève lorsque le chiot entend vers le 21e jour. L’audition est contrôlée par le réflexe de sursautement lorsque l’on tape dans ses mains au-dessus de
la tête du chiot.
Les réflexes primaires vont peu à
peu disparaître et le chiot va commencer à se mouvoir. À 21 jours, il est
capable de se tenir debout et il peut également s’orienter visuellement :
son développement cortical est enfin achevé. On peut d’ailleurs entendre les
premiers grognements, aboiements vers la fin de cette période. De fait, le
temps de sommeil diminue (de 65 à 70%) et les chiots commencent à découvrir leur
mère, leur fratrie et le monde. C’est aussi le début des jeux de lutte et de la
prise en gueule des objets (exploration buccale).
La première dent (canine supérieure)
va apparaître vers le 21e jour et le chiot est désormais capable de
laper.
La période de transition est très
importante car l’attachement des chiots pour leur mère se met en place. De
fait, jusqu’ici, les chiots étaient satisfaits par n’importe quelle source de
chaleur qui leur apportait soins (toilette) et nourriture. Mais à présent, ils
vont s’attacher à la femelle qui prend soin d’eux. C’est un besoin inné (comme
manger, dormir…) qui va permettre au chiot de s’identifier à une espèce (il va
apprendre qu’il est un chien) et de partir à l’exploration du monde. Si
l’attachement ne peut pas se mettre en place, l’acquisition des rituels sociaux
ne pourra pas s’effectuer correctement (voire pas du tout dans certains cas).
4. La période
de socialisation : 3 à 12 semaines
Un chien ne nait pas civilisé et,
surtout, il ne nait pas meilleur ami de l’homme ! Il le devient, c’est
pourquoi la phase de socialisation est la plus importante ! Le chiot va
apprendre à reconnaître les espèces amies, mais il va également apprendre à se
contrôler, à communiquer avec ses congénères et à gérer ses émotions.
Du point de vue physiologique, le
chiot peut petit à petit courir, franchir des obstacles, tomber et se redresser
rapidement. Il a le sens de l’équilibre et les dernières mises au point de sa
vision sont effectifs vers 3 – 4 semaines. De même, le canal auditif est
pleinement opérationnel vers cinq semaines (le chiot peut alors situer d’où
vient un bruit).
Vers quatre semaines, les chiots
sollicitent les régurgitations de leur mère pour s’alimenter, car le lait ne
suffit plus. Il est temps de compléter les tétées par des croquettes. Toutefois
le sevrage ne sera définitif qu’entre 6-7 semaines et 10 semaines.
Au cours de cette période, les jeux
vont également se diversifier et permettre aux chiots d’apprendre les
différentes attitudes corporelles nécessaires pour communiquer avec leurs congénères :
postures de soumission, d’appel au jeu, de dominance et aussi certaines
postures du comportement sexuel telles que le chevauchement, les étreintes…
A)
La
socialisation intraspécifique (c’est-à-dire à la même espèce)
Le
chiot va commencer par s’identifier comme chiot, c’est-à-dire comme appartenant
à l’espèce « chien ». Cette identification débute à la période de
transition et se poursuit durant la phase de socialisation. Le chiot va aussi
apprendre les règles de vie propres à son espèce grâce à sa mère et
éventuellement à d’autres adultes présents. Cette identification est éternelle
et généralisable : le chiot se souviendra toujours qu’il est un chien et
identifiera ses congénères, même très différent physiquement.
B)
La socialisation
interspécifique (c’est-à-dire entre différentes espèces)
C’est
ici que le chiot va pouvoir découvrir d’autres
espèces et les considérer comme
« amie ».
Par exemple, s’il est mis en contact avec un chat ou un lapin, il
va les
considérer comme des espèces amies à condition
qu’il y ait de nombreux contacts
et que ceux-ci soient entretenus tout au long de la vie du chien. En
effet,
contrairement à la socialisation intraspécifique, la
socialisation interspécifique (ou familiarisation) n’est pas éternelle !
De plus, il faut que les expériences avec ses espèces soient positives.
Comment se
réalise les apprentissages au cours de cette phase ?
Il y a deux étapes : l’attraction (+) et l’aversion (-)
Entre 3 et 5 semaines, le chiot va
être attiré par tout ce qui est nouveau, c’est-à-dire par tous les êtres
vivants, quelle que soit leur espèce. À cet âge, le chiot ne connaît pas la
peur et toute expérience négative sera effacée au profil des expériences
positives.
À partir de 5 semaines, seules les
expériences positives participent à la socialisation car la phase d’aversion
commence petit à petit en même temps que diminue la phase d’attraction pour
tout ce qui est nouveau.
Après 12 semaines, la peur de tout
ce qui est inconnu domine et la socialisation est alors devenue très difficile.
C’est la raison pour laquelle il faut sortir un chiot AVANT 3 mois avant
de lui présenter quelques stimuli nouveaux (d’intensité modérée !) afin de
l’habituer en douceur à ce qu’il ne connaît pas encore. Attention toutefois à
ne pas l’exposer à trop de stimulations car une expérience traumatisante après
la 8e semaine peut désocialiser un chiot, voire le rendre
phobique !
Les trois premiers mois de vie d’un chien sont les plus importants, or
c’est avec vous qu’il termine cette phase délicate qui va déterminer sa
« personnalité ». Nous vous confions un être en devenir pour qu’il
s’épanouisse à vos côtés…
5. La
pré-puberté
C’est l’heure du détachement. Il a
déjà commencé lorsque les chiots ont eu leurs premières dents. Leur mère
grognait sur eux afin qu’ils ne s’approchent plus car la tétée était
douloureuse pour elle. Ce détachement précoce va permettre au chiot de
s’attacher au groupe. De même, vers 4 mois, il sera de votre devoir d’initier
le détachement avec votre chiot pour qu’il puisse s’attacher à toute la
famille.
6. La puberté
Pour
les femelles, la puberté, et donc l’entrée dans l’adolescence, se situe aux
premières chaleurs, généralement entre 10 et
12 mois. Pour les mâles, on se base sur les 1ers levers de
patte. Vers 10 mois, le mâle va connaître une augmentation de son niveau de
testostérone qui atteint un pic très important avant de se stabiliser à un
niveau plus bas. Cette phase ne passe généralement pas inaperçue car le chiot
mâle a des comportements différents, craintifs et généralement inexplicables
pour son entourage. C’est un moment très délicat car le chien est jeune mais
produit énormément de testostérone, il risque donc de graves altercations avec
d’autres adultes mâles.
Après cette période, on se dirige de plus en plus vers l’âge adulte
(entre 18 et 36 mois).
Attention !
Les chiens
de grande taille connaissent parfois une seconde phase d’aversion (de peur)
pour tout ce qu’il rencontre au moment de la puberté. Votre jeune chien peut
avoir peur d’une voiture, d’un arbre,… alors qu’avant ce n’était pas le cas. Il
s’agit d’une période délicate qu’il traverse. La manière dont vous réagirez
influencera sa capacité à gérer ses peurs. Surtout, ne cherchez pas à le rassurer. Ne le caressez
pas, il ne se passe rien. Continuez à vous promener et s’il ne veut pas
avancer, faites un détour. Quand il se sentira assez en confiance, il pourra à
nouveau approcher l’objet de ses peurs. C’est aussi le moment de retourner
promener dans des endroits plus calmes comme quand il était tout jeune…
Sylvie Wuyts
Comportementaliste,
Spécialiste de la relation Homme/Chien
www.comportementaliste-belgique.eu
0032 (0) 486 35 11 39